Ecotrail de Paris 80km - 24 mars 2012

Publié le par Bouille

Il y a 5 ans : "jamais je ne courrai au-delà du marathon, j'ai les genoux fragiles et ne veux pas m'abimer..."

Il y a 1 an : "j'essaierais bien un trail, le jour où je calme le triathlon..."

Il y a 4 mois : "coupure bien méritée après l'IM d'Hawaï... besoin de tenter autre chose..."

Il y a 3 mois : "Tiens?!? un trail à Paris?!? Et si je m'inscrivais? Comment ça il y a 3 formats... 30, 50 et 80? Bah.... on va pas faire les choses à moitié pour un premier... Allez, banco pour le 80!"

Il y a 1 mois : "Je suis vraiment un grand malade, pourquoi je me suis inscrit? ... Avec mes 40km hebdos, je n'aurai jamais assez de volume dans les pattes pour le finir..."

Il y a 2 semaines : "ma première 'vraie' sortie longue en allure ecotrail de 43 bornes. C'est bien passé, mais alors vraiment impossible de m'imaginer en faire deux fois plus!"

Samedi 24 mars 12h00 : je suis finalement au départ de mon premier trail de 80 bornes. 1500 m de D+ au programme. Sac de 3,5kgs sur le dos... Humilité et prudence de rigueur, comme d'hab avant chaque course. Je ne veux surtout pas me blesser car un beau raid en ski de rando m'attend le week-end suivant donc je laisse la porte ouverte à l'abandon si je ne le sens pas.

Nous sommes 2300 sur la base de loisirs de St Quentin en Yvelines. Beau temps. Limite trop chaud. Je pars en milieu de cortège avec Jeff, un coureur de 800m bondissant mais néophyte comme moi sur la distance. 

Je ne sais pas encore ce que représentent 80km de course, mais je comprends bien dès le départ que je vais en chier. Je me fixe donc comme premier objectif de rallier le ravito du km22,6 sans puiser du tout. Ambiance balade, footing plus que tranquille à 10km/h. Heureusement que Jeff est là pour papoter car à cette allure on s'ennuie ferme. On y arrive au bout de 2h15. Je suis 928eme. On se sépare au premier ravito : Jeff attend un pote et je continue seul... sur un rythme probablement un peu trop soutenu...

Bref, ce qui devait arriver arriva et je coince au km35 environ. C'est le début du chemin de croix jusqu'au km55. Je n'arrive pas à m'alimenter, alors que celà ne m'est jamais arrivé sur IM. J'en tire de précieux enseignements au cas où l'envie me prendrait de recommencer  ...  

J'arrive au ravito du km 55 en 5h55 (je l'ai fait exprès pour que ça tombe juste) après une terrible agonie de 20 bornes, mais je gagne malgré tout 714 places (214ème en sortie de ravito). Comme quoi, je ne devais pas être si mal que ça. Peut-etre tout simplement pas habitué à courir aussi lentement... En fait, c'était peut-être normal...

Là je m'accorde ma premiere vraie pose avec deux bols de soupe aux Tucs (miam, je suis sûr que ça vous donne envie). Je suis sec car je n'ai quasi rien mangé depuis 20 bornes, le sucré ne passant plus...

10 petites minutes après, me revoilà sur les rails. Je repars et tombe nez à nez avec Gilles et Damien, deux coureurs de l'UASG en VTT venus jouer les supporters. Une aide précieuse sur les 5kms qui suivent, même si le dénivelé du parcours ne nous permet pas de beaucoup échanger.

Arrivée sur Marnes la Coquette et Ville d'Avray... les concurrents sont maintenant éparpillés dans la forêt. Je me retrouve souvent seul à chercher les balises dans une luminosité déclinante... Le ravito du km 67 surgit au détour d'une allée. Dernier bol de soupe, je mets la frontale et j'attaque les derniers 12 km. Je suis 211ème en quittant le checkpoint.

Et là se produit un truc de fou, le genre de métamorphose que j'ai déjà connu souvent sur Ironman, un phénomène assez inexplicable qui fait que je retrouve des jambes et me remets à courir vite. Dans ce cas, le "vite" est un bien grand mot car je flirte avec le 12 km/h (waouhhh!!!) mais je viens de passer 7h30 à un peu moins de 9 km/h...

Je vide mes bidons pour m'alléger et file vers l'arrivée en remontant un max de monde. Florent, un autre compère de la SG, me fait la surprise de m'attendre sur les quais en rollers. Grâce à cet "ouvreur" de luxe, je reprends 42 bonhommes sur les 11 derniers km. Jouissif!

J'arrive sur le parvis de la tour Eiffel après avoir remonté les escaliers des quais deux à deux et attaque l'ascension de la dame de fer en petite foulée. Hop hop hop... 3mn plus tard, je franchis la ligne d'arrivée de mon premier 80km. 

8h30 et 168ème.

Les enseignements :

  • C'est bien plus dur musculairement et traumatisant qu'un Ironman
  • L'alimentation est un facteur clef d'échec... et donc de succès si on la maitrise
  • Il faut se donner envie de manger, donc exit les gels et priorité au "bon"! Reste à trouver du "bon" pas trop lourd à transporter, car la boite de Cassoulet, ça va pas le faire dans le sac Salomon
  • Les chocs gênent vraiment la digestion à la différence de l'Ironman ou manger du solide sur le vélo ne pose pas de réel problème
  • J'aime les montées!

Ce que je n'ai pas encore tranché :

  • Courir dès le départ sur son rythme de confort, en partant du principe que "tout ce qui est pris n'est plus à prendre"? ... OU...
  • Etre "sur-prudent" au départ pour éviter le "burn-out"?... mais lequel arrivera de toute façon à un moment ou un autre compte tenu de la distance...

Je manque encore d'expérience pour répondre à ces questions...

En attendant, j'ai marqué 2 points! Comprenne qui pourra... 

Voici la trace GPS de cet Ecotrail 80.

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