Half IM en CLM par équipe – Narbonne – 5 septembre 2010

Publié le par Bouille

« L'esprit d'équipe? C'est des mecs qui sont une équipe, ils ont un esprit! Alors, ils partagent! ». Michel Colucci, dit Coluche. CAP

Le pied total je vous dis… du bonheur en barre ce week-end… tellement que je me mets à rêver d’un Triathlon par équipe sur format Ironman… Parce qu’au cas où le summum de l’investissement individuel au profit du collectif n’aurait pas été atteint par l’équipe 1 de Nanterre Tri ce week-end à Narbonne, il le serait forcément sur un Ironman !

Retour sur un week-end de partage, d’amitié virile, de dépassement de soi, de joie collective, et d’abnégation…

Ce triathlon format half IM (1900 de nat, 82 km de vélo avec +/- 700 de D+, semi-marathon) en contre la montre (CLM) par équipe était THE objectif de la saison pour deux raisons :

  1. Première épreuve par équipe sur ce format Half-IM. Habituellement, les CLM se tiennent sur format sprint ou CD.
  2. Première occasion pour moi d’intégrer la dimension collective dans le triathlon, sport individuel par essence.

J’arrivais donc à Narbonne gonflé à bloc avec l’envie d’en découdre. Etat d’esprit partagé par mes quatre coéquipiers Max, Nick, Gza et Jérôme.

Rapide rappel pour mes lecteurs encore néophytes s’il en reste… Un TRI en CLM par équipe consiste à partir à cinq pour franchir la ligne groupés à au moins trois. Les départs des équipes sont échelonnés toutes les 2 mn. Interdiction de drafter entre les équipes mais drafting autorisé entre les coéquipiers. L’aspect tactique et technique a donc plus d’importance que sur les triathlons individuels puisque le CLM par équipe autorise un ou deux fusibles : des sacrifiés volontaires qui partent au carton en natation ou en vélo en abritant leurs coéquipiers, mais qui abandonnent en cours de route faute de ressources.

Heureux de faire partie de l’équipe 1 mais effrayé de ne pas être au niveau entre la naissance de Nathanaël et mon changement de taf,  j’avais décidé de jouer le rôle de fusible à vélo. Mon rôle ? Prendre des relais plus soutenus que la moyenne afin d’abriter le pack et de permettre aux 4 gazelles de courir frais. Ma préparation a donc été axée sur la natation et le vélo avec un gros travail effectué dans le sud cet été pendant les vacances. Prépa qui a payé puisque les sensations étaient bonnes, et les quelques sorties vélo en groupe effectuées fin août début septembre m’ont confirmé que je roulais fort.

La dream team de l’équipe 1 ici. De gauche à droite :

- Cap’tain Nicolas Hemet aka NickTheQuick élément moteur (au sens propre comme au figuré) et fédérateur du team

- Jérome Lemoine, très bon rouleur (un vrai métronome) et coureur.

- Myself… no comment…

Xavier Diepart, alias Gza, THE star du groupe. Je vous laisse le découvrir par vous-même dans le lien url. Une vraie « Gzaelle » !

- Maxime Bernard, alias Maxou. Le meilleur nageur du groupe et imbattable en course à pied en ce moment.

- … sans oublier Fabrice Vandervalle alias DU, manager / photographe / supporter de choc pendant ces 2 jours.

Bon, venons en à ce récit de course…

Nick, en capitaine ambitieux, avait déjà vu les choses en grand lors de l’annonce des temps  d’engagement : 4h. Du coup, on se retrouve au départ en avant dernière position sur les 100 équipes engagées. Devant nous à 2mn, TOC Cesson (du très lourd avec SUPPI / LE VEZU / LE SOZ / MARTIN / BOUTIER) et derrière nous à 2mn, l’équipe de France Police (DE KANEL / LEHIR / VIEVILLE / FANOVARD / HAMARD). Nick nous prévient avant le départ qu’on va se faire manger en natation par la Police. Concentrés mais sereins, on se jette à l’eau en formation : Nick devant en poisson pilote, Jérôme dans ses jambes pour profiter de l’aspiration, Gza et moi de chaque côté de Jérôme pour le protéger et améliorer l’aspiration, Maxou en chien (dauphin) de berger à l’arrière, pour prévenir toute défaillance et remonter l’information au leader.

La nat de 1900m avec sortie à l'australienne passe comme une lettre à la poste en 28’. Temps correct mais pas exceptionnel. On s’est fait rattraper par la patrouille (la Police) à la toute fin, mais on sort tous frais de l’eau.

T1 impeccable. Afin d’éviter les gamelles compte tenu de la sortie du parc à 5, nous étions convenus de ne pas fixer les shoes sur le vélo. Très bonne option.

C’est parti pour les 82 bornes de vélo.  Le parcours venté est composé de 3 boucles avec une bosse d’environ 5 bornes à 5-7%. A la différence de nombreuses équipes qui doivent compter dans leurs rangs des gros rouleurs par forcément grimpeurs, nous avons la chance de tous être costauds en montée. De plus, les prises de relais ont été travaillées à l’entrainement et encore répétées la veille de la course, donc tout se passe comme dans un rêve, en toute fluidité. Comme le disait Nick, dommage qu’il n’y ait pas eu de survol en hélico car ça devait être beau vu du ciel. DU, t’as bien noté ? Next year, tu te démerdes mais tu nous organises ça ! ;-)

Je suis relativement facile en vélo, sauf dans le 2ème tour où je me mets dans le rouge dans un long faux plat montant que je passe sur la plaque, en danseuse, afin de protéger mes coéquipiers. Sur le dernier tour, je prends des relais un plus longs dans le strict respect des consignes (n’oublions pas que je suis un fusible !).

Nous tournons en moyenne à un peu plus de 40 km/h et posons le vélo toujours groupés après 2h01, avec le meilleur temps vélo. Notre organisation était tellement huilée que nous n’avons même pas eu besoin de nous parler sur le dernier tour : ça tournait tout seul.

T2 correcte mais première alerte : Nick et Jérôme nous préviennent qu’ils n’ont pas pu se ravitailler correctement sur le dernier tour vélo en raison d’absence de boisson énergétique aux ravitos. Nous n’en réalisons pas les conséquences à ce stade…

Nous sortons du parc à cinq, conformément à la stratégie arrêtée ensemble. Ca y est : je me dis que j’ai fait ma part du travail et que je peux courir serein. Mes gazelles sont maintenant sur orbite et je n’ai plus à m’en faire. Ce n’est que la troisième fois que j’enchaîne vélo / course à pied depuis le début du mois d’août. Je ne me fais donc pas d’illusions et sais pertinemment qu’ils vont courir trop vite pour moi. Malgré tout, je m’accroche à leur rythme de 3’50mn au km avec comme objectif de tenir jusqu’à ce qu’on croise notre cher DU et son appareil photo, qui nous encourage depuis le début de la course.

Au km 5, passé en un peu moins de 20’, je leur annonce que je ralentis. Je me prends rapido 100 m dans la vue. Hors de question pour moi d’arrêter : je ne suis pas venu à Narbonne pour ne pas finir. Je me trouve donc un rythme de confort, probablement autour de 4’20 au km, et je poursuis. Les km s’enchainent et je commence à avoir bien chaud, d’autant plus que j’ai zappé volontairement les ravitos des K2.5 et K5 en raison de l’affluence. Je distingue encore vaguement loin devant du jaune et du vert que je suppute être du Nanterrien… mais équipe 1 ou 2 ? Suis un peu à l’ouest donc je ne creuse pas…

Le ravito du k7.5 fait du bien : un gel et un verre d’eau me remettent en selle. Et là, surprise : je constate que j’ai repris du terrain sur mes coéquipiers. Gza et Maxou sont toujours devant, Jérôme dans leurs jambes, et Nick derrière à une vingtaine de mètres. Ils ont passé le demi-tour et sont en train de revenir dans ma direction quand Nick annonce la couleur : « JB, accroche toi, on va avoir besoin de toi… ».

Bon… ambiance… Et moi qui comptait finir tranquilou…

Il s’avère que Nick (et aussi Jérôme), sont en train de faire une hypo. La faute à un manque d’hydratation sur le dernier tour vélo. Je ne suis pas encore au courant… Ce qui est certain, c’est que n’était pas vraiment prévu au programme…

De façon surprenante, je me sens de mieux en mieux maintenant. Difficile d’expliquer ce qui se passe mais je retrouve des jambes. J’alterne foulée en fréquence et amplitude et reprends rapidement du terrain. Au K10, j’ai repris Nick qui a l’air de bien en chier. Puis au K11, c’est Gza, Maxou et Jérôme que je rattrape. Je suis euphorique, mais je sais que ça ne va pas durer : sur du LD ou IM, l’euphorie est toujours suivie d’un coup de moins bien, et inversement. J’en suis bien conscient.

Gza, très facile (glop !), me briefe et me dis qu’on va finir à 3 et que le troisième… c’est moi ! (pas glop !) Maxou est imperturbable et très régulier. Et là… je réalise que je vais vraiment devoir me dépouiller pour finir à leur vitesse. Parce que finir n’était pas compliqué, mais finir à leur rythme avec la perspective d’un podium l’était beaucoup plus.

Je ne vais pas vous ressortir la sempiternelle histoire du dépassement de soi car ça va finir par en lasser plus d’un, mais c’est la première fois que j’expérimente « le dépassement de l’individuel par le collectif ». Parce que même en courant à trois, on était cinq dans nos têtes ! Alors forcément, ça aide… Je n’ai rien trouvé de mieux pour décrire cet état que cette citation de Coluche : « L'esprit d'équipe? C'est des mecs qui sont une équipe, ils ont un esprit! Alors, ils partagent! ». Et c’est une sacrée course qu’on a partagée tous ensemble.

Bons, les concepts, c’est bien sympa, mais venons en au fait. Comment on fait pour se dépouiller ?

C’est très simple : prenez un gars fatigué avec des cuisses dures parce qu’il a beaucoup pédalé, un gars qui plafonne à 13 km/h sur sa fin de course, et faites le courir à 15 km/h en le poussant dans le dos (merci Gza !). Ca fait mal aux jambes, aux abdos, à la tête, mais on tient parce qu’on n’a pas le droit de lâcher, parce qu’on est une équipe, parce qu’on a tous travaillé pour, parce qu’il est hors de question de regretter plus tard, parce que tant qu’on est debout… c’est qu’on peut courir !

On finit donc à trois, main dans la main, harangués par Jérôme qui a dû y laisser ses poumons. Et on est 3ème ! Superbe performance compte tenu du plateau. Alors forcément, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder plus haut sur le podium et j’y ai vu deux équipes prenables : Cesson  à 1’35 et les premiers à 2’45. Next time ?

Merci les copains. On remet ça quand vous voulez. Heu… Faudrait peut-être que j’en parle à Anne-Laure d’abord… ;-)

Les résultats complets ici, et les photos dans l’album à droite.

 

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Benji 14/02/2011 22:16



Bah ouais, 28' aux m pas 2 bornes, c'est naze Bon allez jt'en veux pas quand meme



Les parents 10/09/2010 07:55



Toujours émus et fiers de toi, à la lecture de tes CR de courses !



Anne-Laure 09/09/2010 14:27



En effet, parce que ma course à moi, elle n'a pas duré 4 heures mais de près de 48! Par contre, on était 3 au départ et nous étions toujours 3 à l'arrivée!



Ludo 09/09/2010 10:57



Bravo pour ta course, pour ton Cr. Très motivant pour se dépouiller à l'entrainement, accroché à tes roues (enfin pas très longtemps)



Nick 08/09/2010 22:56



T'es chiant, JB, même sur les CR, tu nous épates !


Bravo champion !!!