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Samedi 16 mai 2009

Pour ceux qui en doutaient encore, les dernières nouvelles confirment que 2009 sera bien une année off. Suite au trail du Ventoux du 22 mars (cf post précédent), j'ai contracté non pas une, mais deux tendinites d'Achillle. C'est rare mais ça existe :-(

Les séances de kiné s'enchaînent et se ressemblent, mais la guérison n'est pas pour tout de suite. Il va falloir être patient, et je pense qu'il faudra encore plusieurs semaines (voire mois?) avant que je puisse courir pendant 1h. Les seuls footings autorisés (et qui plus est conseillés par mon kiné!) se limitent à 15 mn souple. Et même ça a du mal à passer compte tenu de la gêne que  je ressens.

Les sorties vélos sont autorisées mais interdiction de trop tirer sur la plaque. J'ai participé à une cyclo de 160 km la semaine dernière (après autorisation du kiné je précise), mais cette dernière a reveillé l'inflammation. Too bad!

Alors il me reste la nat, discipline dans laquelle je n'ai (pour l'instant?) aucune restriction. Ca pourrait être pire... D'un autre côté, il faut bien que le triathlon, avec ses 3 sports, ait quelques avantages en période de blessure.

Pour que mes quelques lecteurs ne meurent pas idiots, que faut-il savoir sur la tendinite d'achille?

 

Le tendon d'achille coulisse dans une gaine. Imaginez une corde passant dans une poulie. Le tendon (et/ou la gaine) s'est inflammée. Pour reprendre les termes imagés, la corde commence à s'effilocher, ou la poulie commence à rouiller. Donc le passage de la corde dans la poulie n'est plus aussi fluide qu'auparavant. Très concrètement, la tendinite se matérialise par un crissement, un "couic" "couic" désagréable à l'oreille mais symptômatique des frictions qui s'opèrent dans la zone inflammatoire.

Quel est le protocole de soins?
Le kiné effectue des MTP (massages transverses profonds) censés assouplir la gaine et le tendon. Des exercices de musculation doivent permettre de renforcer le tendon. Ils sont menés sur une presse et également selon le protocole de Stanish. Ce protocole vise à étirer et renforcer le triceps. Debout sur une marche, en posant uniquement l'avant du pied sur la marche, les exercices consistent à descendre et remonter le corps, en appui bipodal dans un premier temps puis unipodal quand ça commence à aller mieux.
De mon côté, ça se soigne très lentement. Du coup, le kiné envisage également de rajouter des séances de lazer. Il paraît que ça marche bien... A voir... Je commence ma première séance demain. Heureusement que la mutuelle est là!

Sinon, au quotidien, il faut bien entendu faire attention à conserver une alimentation riche en légumes verts, éviter les toxines qui ont une facheuse tendance à se greffer sur les endroits très mal irrigués que sont les tendons, boire à profusion... Bref, rien de très nouveau pour les triathlètes que nous sommes. De toute façon, je préfère le vin rouge (autorisé) au vin blanc (à proscrire). Et la période des salades composées va de pair avec les beaux jours.

Côté agenda sportif, je suis bien évidemment out pour le LD de Troyes. J'en profite pour encourager mes potes de l'ES Nanterre qui seront présents en nombre sur la course, et en pleine bourre niveau entraînement car ils sont nombreux à préparer Frankfurt début juillet. Une pensée aussi pour Tom qui va effectuer sont come back après 1 an d'arrêt pour cause de blessure à l'ischio. J'espère que je me remettrai plus rapidement que lui...

Allez, une petite photo qui fait du bien : Samir et moi au sommet du Mont Ventoux, le 3 mai dernier (photo prise par Nico). Une bien belle ascension! J'ai tout fait le cul sur la selle car la position "danseuse" tirait sur les tendons.

Par Bouille - Publié dans : Triathlon
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Vendredi 27 mars 2009

Voici le premier article inclassable de ce blog, à ranger dans la catégorie "fourre-tout" qui aurait mérité d'être créée pour l'occasion. Récit de course, préparation, stage, et montagne... Il y en a pour tous les goûts!

En 3 semaines, pas mal de news :


- Le semi-marathon de Paris le 8 mars
Objectif atteint avec un temps honorable de 1h23. Mais rien de transcendant. Pour mémoire, l'année dernière, je courrais en 1h21 avec une centaine de km de vélo la veille dans les pattes. Je suis resté régulier cette année, à 3'55 / km, mais les sensations n'étaient pas excellentes. 
Au moins, j'ai maintenu mon droit à SAS préférentiel pour l'année prochaine. Mais ma participation au semi aura conduit à....

- une blessure
La fameuse ampoule "king size" que je mentionnais dans l'article précédent a eu une facheuse conséquence : une inflammation de l'aponévrose plantaire. C'est le fameux "effet papillon" chanté par Bénabar :
"C’est l’effet papillon petites causes, grandes conséquences / Pourtant jolie comme expression, petites choses dégâts immenses".
En courant le semi sur une plaie pas tout à fait guérie, j'ai inconsciemment modifié ma foulée ce qui a créé des tensions musculaires et une inflammation. D'où...

- une consultation chez un médecin ostéo
Comme toute consultation, on commence par une présentation et un descriptif du problème. J'ai eu l'impression de déballer ma vie. Il faut reconnaître que 2008 a été particulièrement dense.... Pour la faire brève : deux prépa Ironman, de la fatigue accumulée, une chute vélo en septembre, une deuxième chute une semaine avant Hawaï, des douleurs lombaires après le vélo sur l'Ironman, une sensation de blocage/raideur musculaire sur la fin de l'année, un problème de pied en mars, une chute en surf, et enfin cette douleur sous la plante du pied droit... 
Comme vous vous en doutez, tout est lié. J'ai donc eu droit à un "dé-coincement" de bassin, de fessier, de lombaires. Ca craquait dans tous les sens! Ca, c'était pour le dos.
Quant au pied, massage et repos, arrêt de la course à pied jusqu'à ce que la douleur disparaisse, et anti-inflammatoires pendant 8 jours. Par conséquent, je me vois obligé de déclarer....

- forfait pour le marathon de Paris
J'en avais fait un objectif de début de saison. Malheureusement, je dois revoir mes ambitions. Certes, d'ici une semaine, je serai probablement presque rétabli. Mon bagage foncier me permettrait de finir sans trop de difficulté la course, à un rythme tranquille. Pour autant, m'aligner la fleur au fusil sur 42 km ne serait pas raisonnable et je ne manquerais pas d'aggraver ma blessure. Aussi, afin de ne pas hypothéquer l'ensemble de ma saison 2009, la prudence m'incite à jeter l'éponge.
Je suis surtout déçu de ne pas pouvoir au moins accompagner Nico avec qui j'avais prévu d'enchaîner le marathon après une grosse sortie vélo la veille.
Mais le gros point positif, c'est que grâce au mini-stage de 4 jours que nous avons effectué à Carpentras le week-end dernier...

- le plaisir de l'entraînement est enfin de retour!
L'hiver a été morose et je n'avais pas vraiment la niaque sur mes séances d'entraînement depuis la reprise. Mais les 330 bornes de vélo et le trail du Ventoux avalés le week-end dernier m'ont sacrément re-motivé. J'ai pris un pied énorme à parcourir les routes du Comtat Venaissin avec Nico et à avaler des centaines de mètres de dénivelé positif (1100 exactement) sur les pentes du Ventoux en courant. Alors oui, je vois venir la question qui tue : "mais comment as-tu fait pour courir vu que tu étais blessé?". Les appuis ma bonne dame! En montée, on court différemment. Et à la descente, j'étais chaud bouillant donc je ne sentais rien...

Anyway, avec les beaux jours qui devraient revenir bientôt, ça va sentir bon les km en vélo!
Bonne chance Nico et Samir pour le marathon. Be strong!

Par Bouille - Publié dans : Triathlon
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Mercredi 4 mars 2009

Ca faisait longtemps que je n'avais plus skié. Nous avons donc profité d'un petit pied à terre dans les monts d'Auvergne pour re-découvrir les joies de la glisse le week-end dernier. Au programme une demi-journée de ski, un jour et demi de surf, et une belle escapade en ski de rando.
J'avais initialement prévu une sortie longue en course à pied le dimanche, mais l'appel des cîmes fût trop fort. Après tout, mon travail en endurance serait aussi intéressant en ski de rando. Me voilà donc parti dimanche matin à 7h45, dans un temps tout dégueu, à l'assaut des sommets (ou plutôt des monts) Auvergnat de la petite station familiale de Super Lioran. 1160 m en bas des pistes et 1860 m au sommet, soit un terrain de jeu de 700 m de dénivelé. Il y a de quoi s'amuser.

La proximité de la nature, la découverte de traces d'animaux toutes fraîches, se frayer un chemin entre les arbres dans des neiges vierges, le tout dans des paysages grandioses loin du brouhaha des remontées mécaniques... Tout ceci procure d'incroyables sensations. Seul le bruit du vent dans les cîmes répond au sifflement des peaux de phoques sur la neige.
Sorti des sapins, j'ai vite retrouvé la technique des conversions afin d'enchaîner les lacets dans les pentes un peu raides. La neige étant de bonne qualité, je n'ai même pas eu besoin de couteaux. Ca tombe bien me direz-vous car je n'en avais pas...

Bref, après 3h de sortie, 2 montées et 2 descentes, soit 1330 m de dénivelé positif, j'ai rendu mes skis la mort dans l'âme... C'était déjà terminé...

J'étais tellement bien que je n'ai même pas prêté attention aux signaux d'alerte lancés par mon pied droit, dont l'intérieur de la plante s'échauffait méchamment à chaque pas. Bilan : une ampoule de la taille d'un oeuf au plat... de poule obèse!. Une "king size blister".... qui m'a malheureusement empêché de m'entraîner depuis lundi. Impossible de courir (j'ai essayé mais ai du faire demi-tour après 200m) et inenvisageable de nager...
Bref, une préparation pas optimale pour le semi-marathon de dimanche. Mais ce n'est pas non plus l'objectif majeur de ce début de saison. Je vise juste moins de 1h25, afin de conserver mon "droit" à un sas préférentiel.

Pour conclure, l'année prochaine, j'investis dans du matos de ski de randonnée!
Mention spéciale à Anne-Laure qui a enchaîné ses premiers virages, à Soph et Antoine qui surfent comme des pros dans un style différent : coulé et fluide pour Soph (je serpente entre les bosses), plus bourrin pour Antoine (je traverse la bosse :-)).
Vivement la prochaine!

Là, c'est moi au sommet du plomb du Cantal (1860 m)


Par Bouille - Publié dans : Montagne
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Mercredi 18 février 2009

Premier article depuis deux mois et demi. Pour un blog "qui se veut un fil pour ne pas perdre le fil", on a vu mieux... D'un autre côté, mon activité sportive a été plutôt modérée ces derniers temps. J'aurais pu faire part de mes objectifs professionnels, des progrès de Mahée qui pousse tous les jours, mais la n'est pas la finalité de ce blog consacré au sport, au dépassement de soi, et aux bons tuyaus pour y arriver lorsqu'on doit concilier au quotidien une vie professionnelle trépidante, une vie familiale et sociale riche et ressourçante, et des objectifs sportifs ambitieux, pour ne pas dire de "taré" (point de vue des non triathlètes ou de certains collègues de bureau).

Mais je ne suis pas là pour déblatérer sur un sujet que mes amis lecteurs triathlètes connaissent aussi bien que moi pour le vivre au quotidien. Quant aux lecteurs non triathlètes, vous êtes soit :
- tombés sur ce blog par hasard avec une recherche par mot clef du genre "comment perdre 3 kgs en 10h?" auquel cas la réponse est "un Ironman". Ou alors, vous cherchiez des photos d'une magnifique île du Pacifique et vous ne comprenez pas pourquoi les seules que vous trouvez sur ce blog sont des photos d'un mec à casquette habillé en "juste au corps" rouge et noir moulant en lycra en train de courir sous un soleil de plomb... Zappez vite... C'est pas pour vous.
- des amis, de la famille, et alors vous comprenez ce que signifient les mots "engagement", "dépassement", "volonté", "goût de l'effort", "envie"... Poursuivez!

Venons en à l'actualité sportive...

Voici les principaux objectifs 2009 :

Semi-marathon de Paris le 8 mars
Marathon de Paris le 5 avril
Triathlon LD de Troyes le 7 juin
Triathlon de Val de Reuil en Septembre (date inconnue pour l'instant)
Cyclo de 160 km à Poissy le 20 septembre
Ironman de Barcelone le 4 octobre

Je vais essayer de rajouter un CD en mai mais rien de fixé pour l'instant. Pourquoi pas Pont Audemer le 17 ou Enghien le 31?

Ma préparation devrait donc être orientée sur la course à pied jusqu'au début du mois d'avril, puis je reprendrai le vélo un peu sérieusement ensuite.

2008 aura été une année faste en résultats. Je n'ai aucune intention de chercher à faire mieux car je finirai par y perdre la notion de plaisir qui me "drive" aujourd'hui. Boucler le LD de Troyes et l'IM de Barcelone à des places honorables, avec 10 heures d'entraînement hebdo, serait déjà un beau challenge en soi.

Après deux mois quasi complets de coupure suite à l'IM d'Hawaï, j'ai ré-attaqué un cycle de VMA fin janvier. Les années passent et je déteste toujours autant ces séances "d'arrachage de gueule". Mon pote Manu a eu des mots très intéressants. Je cite : "nous avons tous une réserve mentale, comme nous avons une réserve physique, et qu'à taper dedans toutes les semaines on use son capital plutôt que de progresser." Bon, ça vient pas directement de lui mais de son entraîneur.
Je partage entièrement son avis. Sans sombrer dans le mysticisme à la Mark Allen, la volonté n'est pas illimitée. Remettre le couvert chaque année en période hivernale avec des séances de VMA sur piste, c'est un coup à se flinguer l'envie. J'ai expérimenté cet état de "désespoir" mardi midi avec un 2*5*600 sur piste, séance pendant laquelle j'ai pris zéro, mais alors vraiment ZERO plaisir. Une charette, que dis-je... un traineau de plomb (tiré par des chinchillas)... voilà à quoi ressemblait ma course. Je ne vous livrerai pas mes temps de passage.... désespérant....
Mais le plus important est de tirer des enseignements de ses échecs. Et c'est là que les potes de Club rentrent en action. J'ai la chance de cotoyer des mammouths de l'Ironman dont les conseils sont toujours judicieux. Si le plaisir n'est plus là sur ces séances, alors il faut trouver autre chose et travailler la VMA de façon plus ludique. Le corps et l'esprit ont une mémoire, et un programme d'entraînement qui a bien marché une année ne fonctionnera pas forcément de la même façon l'année suivante. Il faut adapter les séances, les enrichir ou au contraire les simplifier, et rester à l'écoute de ses sensations. Le fartlek peut être une bonne option. 

Pourtant, mon programme de développement de VMA avait bien commencé avec 2 semaines de 20*200 en 40", 2 semaines de 13*300 en 1', et une semaine de 10*400 en 1'20.
En fait, je vieillis. Oui, c'est ça : je suis devenu un millésime. Un "32 ans d'âge". A moi la courbe de régression... linéaire...
Mais peu importe. De toute façon, c'est écrit! Arrive forcément un moment où les performances diminuent. Etant donné que je ne suis pas pro, tant que le plaisir est là, c'est pas bien grave.

Sur ces bonnes paroles de sage, je vous dis "à dans deux mois" :-)

Par Bouille - Publié dans : Triathlon
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Samedi 29 novembre 2008

Je rebondis sur le commentaire de Mr Croco ("t'as oublié le mot de passe pour mettre des news sur ton blog? ) pour dresser un petit bilan de cette année 2008.

Encore un millésime!

Peu de courses, mais de la qualité.

J'ai omis dans la liste la cyclo "la Blé d'Or" le 4 mai dernier car c'était plus un entraînement qu'une compét.

 

Bref pas de regret. Les heures d'entraînement ont payé!

 

Les objectifs 2009 feront l'objet d'un prochain post. En attendant, je profite de la coupure pour manger de la brioche, aller à la piscine avec Mahée, et trainasser au lit le matin. C'est pas mal non plus

 

Bonnes fêtes de fin d'année à tou(te)s.

 

11 octobre 2008

IRONMAN d'HAWAII

Championnats du monde

193ème / 2000 en 9h46

14ème français

14 sept 2008

 

 

 

 

TRIATHLON de Val de Reuil

MD (3 - 88 - 18)

12ème / ~ 350 en 4h22

2ème place par équipe

6 juillet 2008

IRONMAN de FRANCFORT

Championnats d'Europe

32ème / 2600 en 9h04

2ème français

 1er juin 2008 TRIATHLON de Troyes

MD (3 - 83 - 21)

12ème / ~ 550 en 4h19

5ème place par équipe

 2 mars 2008

Semi-marathon de Paris

1h21mn37s

226 ème / ~ 19000 

 

16 février 2008

10km des Buttes Chaumont (Course de la St Valentin)

37mn58s

5ème / 179

 

Par Jean-Baptiste - Publié dans : Résultats de courses
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Lundi 27 octobre 2008

Quelques photos... enfin....

Par Bouille - Publié dans : Récits de compétitions
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Dimanche 19 octobre 2008

Voici une vidéo des grands moments de l'Ironman d'Hawaii 2008, récupérée sur Youtube. Elle vous permettra de mettre quelques images sur mon récit. La partie natation s'en trouve notamment illustrée à merveille (le concept de "machine à laver" prend tout son sens).
Enjoy!
Je précise juste que ce n'est pas la peine de me chercher car je n'étais pas suffisamment en tête de course pour y figurer :-)
Et oui, j'oublie pas les photos! C'est pour très bientôt!


Par Bouille - Publié dans : Récits de compétitions
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Jeudi 16 octobre 2008

Ci-dessous le récit "fleuve" de ma semaine hawaienne, écrit au jour le jour... Bonne lecture.

Samedi 4 octobre

 

Me voilà dans l'avion. Après deux semaines complètement folles pendant lesquelles j'ai passé mon temps à courir entre les obligations professionnelles, familiales, et les entraînements (deux semaines à 18h), je me retrouve au dessus de l'Atlantique Nord, en route vers Chicago.
Je n'ai pas encore eu le loisir de penser à LA course, trop absorbé par les impératifs du quotidien parisien. Mes derniers gros entraînements du week-end dernier m'ont laissé des sensations en demi-teinte : j'étais sur les rotules, à la ramasse (ce qui ne procure jamais de bonnes sensations), mais j'ai quand même réussi à boucler 170 bornes en étant fatigué le dimanche (ce qui est plutôt positif).
Comme à Frankfurt, il me reste quelques jours pour me construire un moral de killer afin d'aborder la course sous mon meilleur jour.

Dimanche 5 octobre 

Nous tapons la discut avec Mr Dave Scott pendant le vol SF-Kona. Il ne courra pas cette année suite à une contracture au mollet qui l'empêche de courir. Photo, papotage autour des temps de qualif, il est super accessible et très sympa.
Kona, nous voilà ! La descente de l'avion par la passerelle nous impose tout de suite la réalité cette île perdue au milieu du Pacifique : il fait chaud, très chaud... et le vent souffle... fort ...
Nous récupérons la voiture et filons monter les vélos pour une petite sortie de 1h souple, afin de commencer l'acclimatation et de se fatiguer un peu physiquement ce qui nous permettra de nous adapter plus facilement au décalage horaire. On est quand même à -12 heures par rapport à la France.
Mon vélo a un peu souffert du voyage : le cadre a chopé un accro. Quant à la valise, c'est probablement un de ses derniers voyages car elle a pris cher aussi : le pédalier l'a transpercée.
Nous attaquons donc tranquillement notre sortie vélo sur le coup de 3h30 du mat heure française J soit 15h locale.
Et je vais vite déchanter... En effet, ma chambre à air avant explose et je me casse la gueule en m'arrêtant. J'ai l'épaule râpée, le genou aussi, une bonne douleur au côté droit (je pense m'être fêlé une côte) et le pire concerne mon vélo : un repose coude carbone de mon prolongateur est brisé en deux. Bonjour l'ambiance. Ca promet pour la course...
Finalement, je répare le truc avec du scotch à la barbare, en espérant trouver une pièce de rechange d'ici samedi.

 

Lundi 6 octobre

Aujourd'hui, nous avons repéré la deuxième moitié du parcours vélo, à savoir le retour Hawi-Kailua par la Queen Kaahumanu Highway. 90 km en 2h45 sous un soleil de plomb et dans un fort vent. J'avais l'impression de jouer l'équilibriste sur sa corde la plupart du temps. Et Tonio n'a rien fait pour me rassurer en m'affirmant que le vent n'était pas particulièrement fort aujourd'hui, en comparaison avec ce qu'il est d'habitude. Bref... ambiance...
Les sensations étaient meilleures que hier, mais je ne me sens pas aussi en forme qu'avant Frankfurt.
Nous enchaînons 15 mn à pied ensuite. Ma côte me fait souffrir dès que je cours au train. J'espère que ça va s'améliorer d'ici samedi ou je risque de sérieusement en chier. 

Mardi 7 octobre

 

Natation en mer sur le parcours de l'Ironman pendant 45mn. Les fonds sont magnifiques. C'est comme si je regardais à la tv une émission animalière en faisant du sport. Du coup, le temps passe beaucoup plus vite.

Je me fais interviewer par Christophe Guiard du mag Triathlète. Une première pour moi... Voici d'ailleurs le lien vers l'article :

http://hawaii08.triathlete.fr/post/2008/10/07/Hawaii-%3A-bapteme-du-feu-pour-Jean-Baptiste-Richard

On croise Chrissie Welington. Je lui rappelle qu'elle m'a doublé dans "the Hell" à Francfort. Elle me répond "oh? really? I did this?". On se fait prendre en photo tous ensemble. Elle sourit en permanence. Génial!
Puis je me fait manipuler par des kinés / osthéos qui diagnostiquent un point de compression sur ma côte dû au décalage d'une vertèbre. Ils remettent tout ça en place. J'ai encore  mal, mais un peu moins quand même.
Moment de vérité une heure plus tard puisque je me fais dropper à Energy Lab au K25 par ma sœur et Anne-Laure et je rentre en courant pour répérer la fin du marathon. Je sens toujours ma côte, mais la douleur est supportable. C'est déjà mieux... J'y retournerai demain pour une autre manipulation.
Aprem farniente à la plage des tortues, puis parade des nations sur Alii Drive.

 

Mercredi 8 octobre

 

Ca y est, enfin des bonnes nouvelles : j'ai changé le repose coude carbone de mon prolongateur et ma douleur costale semble aller mieux. Aujourd'hui c'est repos complet et recharge glucidique. Shopping, balade et snorkeling à la plage des tortues, déambulation (déambulage ?) à l'expo Ironman, et la journée passe finalement assez vite.
C'est la mode des bas de contentions : de plus en plus d'athlètes courent avec. Incroyable ! Peut-être vais-je m'y mettre...
Tout sur cette île appelle à l'humilité. Surtout le vent... 

Jeudi 9 octobre

 

Ce matin, nat en mer pendant 40' avec Tonio, Pascal et ma sœur (c'est fou ce qu'elle nage bien). Natation sans ma Blue Seventy, en espérant que j'en sentirai d'autant plus les bienfaits samedi matin.
Enchaînement avec 20' de course à pied, avec à nouveau des modif de tempo : 5' souple - 5' au train - 5' souple - 5' de 15/45. Ma côte va mieux. C'est top.
Aprem tranquille : j'ai accompagné les filles faire du shopping mais j'ai passé quasiment tout le temps assis. Je faisais des sauts de puce de banc en banc.
Pasta party à 18h. Cette « party » n'avait de « pasta » que le nom puisque nous n'y avons pas mangé de pâtes. Le comble... C'est bien la première fois que je voyais ça. On a dîné avec Alexandra Louison.

 

Vendredi 10 octobre

 

La pression monte. Je pensais y échapper compte tenu de mes mésaventures de début de semaine qui m'aurait fait aborder la course en complet touriste. Mais je sens que je vais mieux alors forcément, j'ai envie de bien faire...
Comment je me sens à moins de 19h du départ ?
Un peu tendu. J'appréhende la partie cycliste car je me sens moins prêt qu'à Frankfurt où j'avais effectué un gros travail à l'entraînement en vélo. J'ai l'impression que je ne fais rien depuis 15 jours alors forcément, j'ai l'impression d'avoir régressé. Mais je ne m'en fais pas trop pour ça puisque c'est le ressenti classique qui accompagne toute phase d'affûtage.

Je suis sûr d'une chose : l'Ironman de Frankfurt, c'était de la gnognotte par rapport à ce qui m'attend ici. Intrinsèquement, le parcours d'Hawaii n'est pas extrêmement dur. Mais les conditions climatiques hostiles (vent violent et omniprésent, chaleur saturée d'humidité) le rendent particulièrement difficile.

 

14h. Direction l'aire de départ pour déposer le vélo, les sacs de transition « Bike » et « Run ». Derniers km de vélo histoire de tourner les jambes. Je fais quelques sprints. Difficile de savoir comment je me sens...
La météo annonce des averses sur Kailua pour ce soir et demain donc je ne laisse pas mes chaussures sur le vélo. Ca me fera un truc de plus à faire demain matin avant le départ, mais je préfère ça plutôt que d'avoir les pieds mouillés.
Retour à l'appart à 17h et derniers préparatifs. AS et AL sont encore en train de faire du shopping. Elles sont aux petits soins avec moi, c'est top. Dernière assiette de pâtes vers 18h30 et j'essaierai de dormir un peu.
C'est fou de se dire que demain, je participerai aux championnats du monde Ironman, ici, à Hawaii. Il faut vraiment que je savoure cette chance et que je pense à tous mes potes triathlètes qui m'entourent et qui rêveraient un jour d'y participer. J'ai cette chance, alors je dois tout donner. Pour moi... et pour eux !

 Samedi 11 octobre

 THE race...

En préambule, je dirai simplement que c'est la course la plus dure à laquelle j'ai jamais participé.

 

3h50. Le réveil sonne tôt pour un départ 7h mais j'aime bien prendre mon temps. Une fois n'est pas coutume pour un jour de course, j'ai dormi comme un loir. Le rituel commence : gâteau sport avalé avec un café, vérification de mon « pre-swim » bag, de mes gels énergétiques, ainsi que des quelques affaires  que je n'ai pas laissées sur mon vélo (chaussures, lunettes) car on annonçait de la pluie hier soir.

4h45, nous quittons l'appart en voiture direction l'aire de départ, située sur le Pier au pied de l'hôtel King Kameameha. Les filles nous droppent à 500 mètres car la circulation est déjà coupée et nous finissons à pied.

 

Première étape : se faire tatouer le numéro de dossard. L'équivalent d'un demi-terrain de foot y est consacré à l'arrière de l'hôtel. Je prends la mesure de l'évènement et de l'organisation. On nous annonçait lors de la cérémonie d'ouverture 5000 bénévoles. Et effectivement, quatre personnes s'occupent déjà de moi. Deux « paires » de deux bénévoles par athlète. Une « paire » par bras, un bénévole étant chargé de presser les numéros dans le tampon encreur, l'autre les tatouant sur le bras de l'athlète.

C'est bouclé en 3 mn et je rentre dans le parc à vélo. Les bénévoles forment une haie pour les triathlètes et nous gratifient de « good luck », « enjoy your race ». Je commence à sentir que la journée va être spéciale.

Je finis assez rapidement les préparatifs sur mon vélo (fixation des chaussures avec des élastiques pour gagner du temps à la transition 1, gonflage à 7.5 bars, positionnement de mes gels dans l'ordre approprié, casque et lunettes posés sur le prolongateur) puis j'erre à la recherche de mes potes de club (Antonio, Pascal et Boualem). Je finis par me poser dans un coin, I-Pod vissé sur les oreilles pour me gonfler le mental en écoutant Hysteria et No Stress. Ca avait fonctionné à Frankfurt, alors pourquoi pas ici ?

 

6h30. J'ai enfilé ma Blue Seventy et enduit mes plaies de début de semaine de vaseline pour éviter que l'eau de mer ne creuse trop. Je rentre dans l'eau jusqu'à la taille avec Tonio. Je décide de partir sur la gauche car il paraît que ça bastonne moins qu'au centre. Une foule compacte est amassée sur le parapet le long d'Alii Drive. L'hymne américain retentit. Un hélico vrombit au-dessus de nous. Un avion militaire américain fait du rase motte au-dessus de nos têtes. Et le départ des Pro est donné à 6h45.

Nous (les groupes d'âge) nous jetons alors à l'eau pour rejoindre la ligne de départ, située à 200 mètres de la plage.

6h50. Me voilà en place en première ligne. Encore 10 mn à patienter en rétro-pédalage. Un incessant ballet de long-boards matérialise la ligne de départ et nous incite à reculer. Mais le stress du départ augmente et les 1es concurrents s'amassent sur la ligne, tant et si bien que je finis par me retrouver en 3ème ligne. Je me fais couler deux trois fois, me prends quelques coups qui me rappellent que j'ai encore une côte très sensible. Il va falloir que je fasse gaffe... car le départ va être violent.

Et ce dernier tient ses promesses.

7h. Un Hawaien en tenue locale, collier de fleur, couronne et tout le tralala souffle dans un gros coquillage. Puis coup de canon. C'est parti.

Et me voilà engagé dans le plus long programme de machine à laver que je n'ai jamais expérimenté. Ca cogne dès le départ. Je me fais dé-zipper ma combi par un furieux. Je la re-zippe comme je peux entre deux cycles de crawl. Je mets des jambes et accélère en 2 temps en pensant que je vais pouvoir m'extraire du paquet. Au bout de quelques minutes, j'ai toujours l'impression d'être un linge battu au lavoir. Je repasse en 3 temps. Bonne sensation de glisse, mais je suis toujours au milieu du paquet. Finalement, il faut attendre le demi-tour au large pour que ça s'éclaircisse un peu. Mais si éclaircie il y a, c'est bien au fond de l'eau qu'elle se trouve : les fonds sous-marins sont magnifiques !

Je passe le bateau matérialisant le demi-tour en 31'.

Le retour se passe bien. A part quelques courants froids et contraires, une bouche desséchée par le sel, et un peu de baston le long du Pier sur les derniers 200 m, je sors de l'eau tout frais. Au sens propre comme figuré.

1h03 pour les 3800 mètres de natation en mer, avec la 416 ème place / environ 1800. Ca me change des autres triathlons où j'ai l'habitude de sortie mieux placé. Une preuve de plus que le niveau de ces championnats du monde est particulièrement relevé. Tout le monde nage fort !

 

Bonne transition en 3'. Compte tenu de la distance à parcourir dans le parc, je n'aurais pas pu faire mieux. Je saute sur le vélo et enfile les chaussures. Les élastiques cassent sans problème. Parfait !

La densité de triathlètes est incroyable. J'ai l'impression d'être dans le peloton d'une cyclo-sportive. Les arbitres vont avoir du boulot...

Ces 10 petits km dans Kailua sont la seule partie sinueuse du parcours. Une fois la bosse de Palani Road franchie, virage à gauche, puis on se retrouve sur la Queen Ka'ahumanu Hwy. Et c'est parti pour un aller-retour à Hawi de 170 km, dans un fort vent et une chaleur écrasante, avec 2 virages et un demi-tour. Si si ! Le reste, c'est du tout droit J Pour autant, pas question de s'endormir car ça souffle tellement qu'il faut rester concentré en permanence pour ne pas se retrouver dans un champ de lave à cause des rafales de vent.

Passé Energy Lab puis l'aéroport, la file de cyclistes commence à s'étirer. Les arbitres sont très présents et ça cartonne gaiement. Un jaune par ci, un rouge par là. A ce propos, Tonio écopera d'une prison de 4 mn sur le retour de Hawi. Les ravitaillements se succèdent tous les 7 miles environ. Le Ho'omumuku (nom local du vent) nous est favorable sur environ 30 km après l'aéroport. Il fait très chaud. Tout est noir autour de nous (l'asphalte de la route, les champs de lave) et la chaleur qui remonte du sol est étouffante. J'ai la plante des pieds en feu dans mes chaussures dont la semelle en carbone est chauffée par la réverbération.

A chaque ravito, je balance mon bidon et j'en prends un frais : en l'espace de 7 miles, le liquide est passé de glacé à température ambiante, c'est-à-dire entre 35 et 40°.

La route n'est jamais plate. Succession de faux plats montants et descendants balayés par le vent. On est toujours en prise.

Sur les conseils de Tonio, je gère dès le départ et ne prend aucun risque. Compte tenu de la difficulté du parcours vélo, je n'ai aucune envie de griller mes cartouches avant l'heure. Je décide donc de gérer jusqu'au 120ème km, et ensuite, et bien on verra.

La montée de Hawi vent de face est pénible. Je dois être à 20 km/h max. On croise les Pros sur le chemin du retour, partis avec 15mn d'avance. Ca n'a pas l'air simple non plus pour eux car le vent est déstabilisant.

Demi-tour à Hawi et c'est parti pour les 90 derniers kilomètres. La descente est rapide mais mouvementée. Je n'arrive pas à rester en permanence sur le prolongateur car ça souffle trop. Concentration de rigueur en permanence pour ne pas finir dans le bas côté.

 

Côté ravitos, je continue sur la même lancée depuis le début de la course : un Powergel  toutes les 45-60mn. Je découvre avec un peu de dégoût les gels énergétiques au chocolat distribués aux ravitaillements : pas terrible.

Au 120ème, j'avale un gel salé pour compenser un peu les pertes de sel, prévenir les crampes, et casser le goût du sucré que j'avale depuis près de 5 heures.

Chaque prise de bidon ou de gel énergétique doit être mûrement réfléchie au risque de se retrouver dans la pampa à cause d'une rafale.

Le vent est imprévisible. Il peut changer de direction en l'espace d'une dizaine de mètres. Un coup, c'est une rafale tout droit descendue du volcan qui balaie la route. La fois d'après, c'est un vent qui remonte de la mer. La seule façon se s'y retrouver et d'anticiper, c'est d'observer les écarts de direction du triathlète devant soi. Et je peux vous dire que mon vélo était rarement perpendiculaire à la route.

Du 120ème au 165ème, c'est vent de face en permanence. Je remonte un joli paquet de concurrents. Mais je force beaucoup sur les pédales et sens que ça tire fort dans les lombaires. Les quelques étirements auxquels je m'exerce sur mon vélo n'améliorent pas vraiment la situation.

Tout vient à point à qui sait attendre... et je finis par dépasser l'aéroport, puis Energy Lab. Enfin du public. Je finissais par me sentir bien seul sur la highway.

 

Je négocie impeccablement bien ma descente de vélo. Pieds nus sur les chaussures, je saute en marche et laisse filer mon vélo dans les mains d'un bénévole. Aie... Mais je sens que mes premières foulées dans le parc à vélo ne sont pas fluides : je suis tout coincé du dos et n'arrive pas à dérouler. Ce n'est pas bon signe...

J'attrape mon sac de transition dans les racks, je file dans la tente me changer, patauge dans des flaques de flottes (ce qui me donne droit à un changement de chaussettes... heureusement que j'en avais prévu une paire... just in case...) et je repars aussitôt. Mais à nouveau, je lutte pour me relever de ma chaise. Aie... Encore moins bon signe...

Je sors du parc après 3 mn, ce qui n'est pas mauvais en soi, sauf que je sors en... marchant !

Ca ne m'était jamais arrivé auparavant mais je ne peux pas courir. Je suis complètement coincé au niveau des lombaires. J'ai l'impression qu'on m'enfonce un couteau dans le dos à chaque pas. Je marche vite 100 m puis je m'arrête pour m'étirer sur les barrières. On m'encourage « Go 1519 ! Come on ! » mais rien n'y fait. J'ai trop mal. Je me mets à quatre pattes pour me redresser car je n'arrive pas à relever le dos. Je repars clopin clopant. Tonio me dépasse. Je le pensais devant mais il a pris un carton sur le retour de Hawi et vient de passer 4 mn en prison. Après 200 m, ma sœur, Anne-Laure et Christiane viennent à ma rencontre, inquiètes bien évidemment.

Vu mon état, ce n'est même pas la peine de penser continuer à avancer. Je laisse filer Tonio et décide de m'allonger sur le trottoir pour m'étirer les lombaires, comme après mes séances d'entraînement. Me voilà donc dans une posture bien élégante, les jambes au dessus de la tête, roulé en boule sur le dos, sur un trottoir en bord de course. Et bien entendu, le flux de triathlètes qui me reprennent est dense.

Je reste comme ça une minute puis me relève... et repars... sous les encouragements de mes supportrices et de la foule environnante. C'est la première course où je vais puiser aussi loin au fond de moi pour repartir. Preuve que j'en chiais.

 

Mes étirements se révèlent très efficaces. Je reprends un bon rythme en l'espace de 500 m. Je rattrape Tonio dès le 5ème.Je tourne mon premier 10 km à environ 12km/h. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me sens de mieux en mieux au fil des kilomètres, et je reprends des concurrents.

Le marathon commence vraiment au km 15 environ, sur la Queen K Hwy (à nouveau elle), une fois la montée de Palani Road franchie. Il n'y a plus de public, et on se retrouve tout seul pour 27 km dans la fournaise. J'avais repéré cette section à l'entraînement mardi 7 octobre et je savais que ce serait le morceau de bravoure de ce marathon. Je l'aborde extrêmement serein. Je sais que j'ai encore de la ressource. « A nous deux Queen K Hwy ». Les km s'enchaînent ainsi jusqu'à Energy Lab. Je bois un verre de Coca ou de Gatorade quasiment à tous les ravitos.

Je rentre dans Energy Lab (centre de recherche / usine de production d'électricité à partir d'énergie solaire). Il me reste encore 2-3 km avant le demi-tour. Un thermomètre sur le bord de la route à l'entrée du complexe indique 95°F. Rapide conversion (-32, puis /2, puis +10%) m'amène à 33°C. Wouah ! Je comprends pourquoi je consomme autant d'éponges.

Demi-tour. Psychologiquement, je sais que j'ai fait le plus dur. Il me reste encore 3 petits km pour sortir d'Energy Lab puis une petite dizaine pour rejoindre l'arrivée. Ca prend forme. Comme on dit ici, « looking good ».

Nouveau thermomètre sur la remontée dans Energy Lab. Cette fois, il indique 100°F, soit 37°C.

Je suis étonnement bien. Je déroule sur le retour. Je vais courir mon premier marathon Ironman en negative split. La classe...

Les 5 derniers km sont presque une formalité. Je savoure l'instant. Je repense d'où je viens et à mes galères de début de course à pied. Qui eut cru que j'arriverais à aller chercher aussi loin au fond de moi pour repartir de la sorte ? Je passe les derniers virages et me voilà sur Alii Drive. La foule est compacte. Je dépasse AL et AS, hystériques. Je lève des poings rageurs vers le ciel. Rarement une arrivée de course m'aura apporté telle satisfaction. Je repense à ces sorties vélos sous la pluie à 5h du mat' et réalise que je n'ai pas fait tout ça pour rien. Je repense à mes proches que je n'ai pas sollicités pour rien. Je repense à tout cet investissement qui a porté ses fruits. Je repense à ma chute de début de semaine... et je n'en reviens pas de faire un tel résultat après ces pépins.

Je boucle finalement le marathon avec un plus que correct 3h25, sachant que j'ai au moins perdu 5 mn sur le premier kilomètre. Bref, rien à rajouter.

 

Habitué des check-up post-course, je finis bien évidemment chez les toubibs car ces derniers ne me jugent pas assez « stable on my feet ». Je n'ai qu'une hâte : récupérer ma médaille et partager ce moment avec ma sœur et Anne-Laure qui m'ont beaucoup épaulé ces dernières semaines, chacune à sa manière.

 

Au final, je suis donc 193ème /1736 arrivants de cette 30ème édition des championnats du monde IRONMAN. Je boucle la course en 9h46mn04s.

Satisfait bien évidemment. Mais je sais que j'ai les moyens de faire mieux. Qui sait ? Un jour peut-être...

 

Félicitations aux 3 autres finishers d'Etampes triathlon : Antonio (5ème Hawaii en 10h04), Pascal (le sourire du début à la fin) et Boualem (malheureusement victime d'une crevaison et d'une phase d'acclimatation trop courte).

 

Les photos dès que possible. Et merci à tous pour vos messages de soutien, d'encouragement, et de félicitations.

 

Pour info, ma côte me fait toujours souffrir. Je suis étonné de l'avoir aussi peu sentie pendant la course, preuve que la compétition sublime et fait oublier la douleur. Place maintenant au repos et à la récup'.

Par Bouille - Publié dans : Récits de compétitions
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Vendredi 26 septembre 2008

Vivement que ça se termine! Certes, l'aventure est belle, stimulante, enrichissante, prestigieuse. Mais je ne vis pas de ma passion alors ne perdons pas de vue les priorités : famille, boulot, puis TRI.
Or, en ce moment, je dois dire que mes priorités se chevauchent dangeureusement et il est temps que ça s'arrête : je ne vois plus ma fille éveillée (elle dort quand je pars et quand je rentre), j'accumule la fatigue et lutte le soir pour rester éveillé, je partage mon temps entre boulot et entrainements.

Journée type : lever 5h30, entrainement à Lonchamp à la frontale de 6h30 à 8h. Réunions budgétaires de 8h30 à 13h. Séance de course à pied ou natation de 13h à 14h. J'avale un sandwich entre 14h et 14h30. Puis nouvelles réunions de 14h30 à 19h. Départ du taf 19h30. Retour Lonchamp avec un nouvel entrainement (vélo ou enchainement) de 20h à 21h30. Et je suis à la maison vers 22h30.

Je savais que les deux semaines suivant le TRI LD de Val de Reuil seraient difficiles à négocier. Le moins qu'on puisse dire est qu'elles tiennent leur promesse. Malgré ces contraintes, j'arrive à caser 18h hebdo ce qui est top!
Ma volonté seule ne me permettrait pas de m'entraîner ainsi. Heureusement qu'Anne-Laure et ma maman se plient en quatre pour récupérer Mahée tous les soirs.

Morale de tout ça? Une préparation Ironman automnale nécessite de nombreux sacrifices et pas seulement de la part du principal intéressé... mais aussi de ses proches... En celà, l'Ironman n'est pas un sport si individuel que ça :-)

Le sommeil m'appelle après ma semaine Herculéenne. Avant de vous quitter, quelques news en bref :

- je me suis gamellé en vélo samedi dernier et ai écopé d'un gros steack sur la hanche et le coude droits. Heureusement, Marguerite n'a rien de grave. J'ai donc dû supprimer 2 séances de natation, en espérant que celà ne me portera pas préjudice.
- les sensations sont bonnes et j'ai bien travaillé en course à pied. La présence de mon pote Sly sur deux séances clefs m'a bien aidé : 6 * 1000 la semaine dernière puis 4 * 2000 cette semaine.
- grosse sortie vélo prévue dimanche avec le club : aller-retour St Chéron - Orléans, soit 170 km à rythme IM. Ce sera ma dernière sortie longue avant Hawai.
- Plus que deux semaines. J'attaque lundi ma première semaine d'affutage. Pour les détails, allez faire un tour sur les articles consacrés à ma prépa IM Frankfurt.

Et pour finir, une petite vidéo pour vous montrer à quoi ressemble un entraînement de nuit à la frontale. C'est noir.... :-)

Longchamp de nuit
Vidéo envoyée par bouilleblog
Séance d'entraînement nocturne à Lonchamp pour préparer l'Ironman d'Hawaï

Par Bouille - Publié dans : Triathlon
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Mardi 16 septembre 2008

Rien de mieux qu'un LD pour se tester avant un Ironman. Celui de Val de Reuil, dimanche, tombait à point nommé. C'est la deuxième fois que j'y participais. 2006 ne m'avait pas laissé un bon souvenir, malgré, de mémoire, une 24ème place au scratch. J'avais détesté le parcours à pied en partie urbain, les deux parcs à vélo, et le temps cradouille.
Au-delà du bon résultat, 2008 m'a réconcilié avec cette épreuve. Je dire mon chapeau à l'organisation qui a réussi à faire revivre cette course à l'arrachée. Le plan d'eau est de qualité, la boucle vélo très roulante mais agréablement pimentée par une bonne bosse (j'adore !), et le parcours de course à pied a été redessiné autour de la base de loisirs. Très agréable !

C'était donc ma 4ème grosse course de la saison, après le LD de Troyes et l'IM de Frankfurt. Je l'abordais en toute décontraction, avec le même objectif qu'à Troyes : faire une course au seuil à quelques semaines du BIG One. Une sorte de répét générale en quelque sorte...

Vous allez rire, mais les courses se suivent et se ressemblent... Alors oui, le dénouement est heureux, mais j'ai encore connu quelques désagréments qu'il va falloir que je résolve avant HAWAI.

12ème au scratch sur environ 350 partants, avec un très gros niveau sur les 10 premières places. Je suis donc très content.
2ème au classement par équipe derrière Rouen Triathlon (on repart avec un bon gros chèchèque), grâce à la superbe perf de Boubou (11è) qui me coiffe encore de quelques secondes, comme à Frankfurt. Manu fait 19. Tonio 40. Et Pascal 58. Et Nico 23 (ça compte pour des prunes car il n'a pas encore officialisé son transfert à Etampes, mais je le précise pour montrer qu'on a encore plus de potentiel).

Départ 12h00. Une eau à 18°. Deux boucles de 1500 m en natation. Départ un peu précipité alors que tout le monde n'était pas encore dans l'eau. J'ai mis un peu de temps à prendre un bon groupe, du coup, je n'ai pas rattrapé beaucoup de places. Je sors de l'eau aux environs de la 35ème place. Déçu a prosteriori. Premier temps intermédiaire de 44'38 à la sortie du parc à vélo, c'est-à-dire pour les 3000 m de natation + transition 1.

Puis 90 bornes de vélo (plutôt 88 km d'après mon compteur) avalés en 2h20 + transition 2, ce qui nous fait un plus que correct 37.5 km/h de moyenne. Comme l'annonçait le speaker dans son micro, j'ai été l'auteur d'une « fantastique remontée à vélo ». Le parcours me correspondait bien : du plat, avec une bonne bosse. J'étais dans mon élément. Ma perf vélo est donc une bonne satisfaction, mais à mettre sur le compte du gros volume foncier que j'ai effectué en vacances en août. J'arrivais à VDR avec 2 semaines de « sur-compensation », donc le niveau vélo était nécessairement là. 

Côté désagrément, encore une perte de lentille de contact à signaler au km 60. J'ai eu le malheur de tourner la tête au moment où un photographe immortalisait ma position aéro, et pfiiiittt... (c'est le bruit de la lentille qui file dans le vent). Bien reloud cette histoire, d'autant plus que le parcours à pied n'était pas stabilisé et j'avais du mal à anticiper avec un œil. 
Ma mission avant Hawai : résoudre ce problème ! Changer de marque de lentilles ? Super-glue ? Rouler en vélo avec des lunettes de natation ? Vos suggestions sont les bienvenues !

Le gros challenge pour les 4 semaines qui restent va être d'entretenir et essayer de maintenir ce niveau vélo avec un kilométrage bien plus faible (200 à 250 km hebdo seulement). 

Pour finir, 2 boucles de 9.1 km à pied, soit 18.2 km au total, couverts en 1h17. C'est pas rapide (14.1 km/h), mais pas lent non plus. J'ai du remonter encore 4-5 places sur cette partie. J'ai bien géré, alternant longues foulées et travail en fréquence pour solliciter des muscles différents.
Boubou me rattrape à 500 m de l'arrivée (comme à Frankfurt) et finit encore devant à quelques secondes. J'espère que nous arriverons à courir une partie du marathon ensemble à Kona pour pouvoir s'encourager et se motiver réciproquement.

Plus que 4 semaines avant Hawai. Je vais essayer de charger la mule encore deux semaines. Si le boulot me le permet, j'ai pour objectif d'essayer de faire 15 h hebdo. Y'a pas de mystère : pour courir proprement à Hawai, il faut un volume vélo conséquent afin d'attaquer le marathon frais et dispo.

Des photos du tri très prochainement..
Thanks all pour les encouragements.

Par Bouille - Publié dans : Récits de compétitions
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