Le salaar de Uyuni et l'ascension du Licancabur 5960m
Arrivée a Uyuni le vendredi soir. Nous dégotons un hôtel a deux pas de la gare routière. Chambre visitée au confort spartiate mais avec salle de bain et eau chaude promise. Banco : nous restons… Malheureusement pour nous, la douche sera froide, très froide. La nuit aussi. « Emmomifiés » dans nos sacs de couchage -20°C, nous passons cependant une bonne nuit. Mais quel froid!

Départ le lendemain pour notre trek...
Départ le lendemain pour notre trek...

Les paysages sont époustouflants : du blanc + blanc que blanc, du bleu + profond que celui de la mer, des nuances de terre de l’ocre au rouge en passant par le jaune, le beige... Indescriptible!
Traversée du désert de Siloli et panne moteur (carbu encrassé) in the middle of nowhere… Finalement, nous arrivons à bon port. Découverte de notre abri pour la nuit : un baraquement en brique situé à deux pas de la lagune Colorada et de ses flamants. Nous bénissons a nouveau nos duvets qui nous permettent de survivre aux –15°C de la nuit. Nuit inconfortable a cause de l’altitude (4000): mal de crâne... mais un Doliprane 1000 et ça repart! Toujours pas de douche évidemment...
J3, 29 août : : Lever a 5h20. Lentilles mises à la frontale. Froid de canard congelé. Petit déjeuner avalé et direction « aguas termales » (sources chaudes) et site de fumeroles / geysers. Re-panne moteur mais on repart. Pause « grosse commission » à 4870m et -5°C. A faire J. Plongeon dans des sources à + 30°C (tiens… enfin une température citée positive !!!) au pied du volcan Licancabur 5960m, objectif du lendemain. Dur de se mettre en maillot tant il fait froid... mais on est bien dedans... une fois dedans... Relaxant, magique!
10h30 : le 4*4 nous dépose au camp de base du Licancabur. Discussion sympa avec deux italiens qui envisagent également l’ascension. Rencontre avec le guide : les frais augmentent… il faudra finalement payer 70 USD car le transport au point de départ n’est pas inclus. Déjeuner puis balade de 3h histoire de s’acclimater et de se préparer pour le lendemain. Nous parcourons environ 400m de dénivelé soit presque un Mont Blanc. Pour mémoire, le camp de base est a 4400 m... Un peu mal au crâne. Ca tape dans les tempes... Normal : on est maintenant a 4800. Remarque : c’est moins facile de marcher à 4800 m que de courir à Paris! Toujours pas de douche...

J4, 30 août : Le Licancabur. Aujourd’hui est un grand jour avec l’ascension prévue de mon premier 5000 (5960 donc presque 6000...) Lever 3h. Sac “packé” et petit déjeuner avalé nous décollons avec notre guide à 4h. Nous commençons a marcher a la frontale. L’air est pur (tu m’étonnes...), il ne fait pas trop froid. Bref, c’est idéal. Ca ne va malheureusement pas durer... 7h05, nous atteignons 5500m et le jour se lève. Tout va bien. C’est beau et pas encore trop dur. Notre guide se shoote à la coca et tient un bon rythme. Nos 460 derniers mètres de dénivelé se révèlent extrêmement pénibles :
J5, 31 août : Retour sur Uyuni. Jeep d’Oasis Tour à l’heure et en bon état (ouf !). Rencontre avec deux américaines très sympas que nous retrouvons le soir pour dîner. Enfin une douche ! Nous nous contenterons d’une tiède à l’hôtel Avenida. Première nuit hors du sac de couchage, dans un vrai lit.
Glande « constructive » tout le lendemain (courses, internet, billard, manger) puis départ par bus de nuit à 21h vers La Paz. Changement de bus à Oruro à 5h du mat’. Violent ! Arrivée à La Paz 8h30. Illico hôtel Milton conseillé par les italiens. Kitsch mais bien plus classe et confort que les autres nuits.
- un vent a décorner les boeufs : nous enchaînons les lacets tantôt vent de face, arc boutes et luttant, tantôt vent de dos, luttant également pour conserver nos appuis
- un air de plus en plus pauvre en O2. A 5000m, il y a 2 fois moins d’O2 qu’au niveau de la mer.
- un froid glacial qui nous transperce (pourquoi n’ai-je pas mis mes chaussettes en soie?)
- des passages d’escalade qui ralentissent la progression. Du 3/3+... mais a 5500m, c’est différent...
- nous n’avons plus d’eau. Malgré leur protection thermique, nous pipettes ont gelé. La soif sera trop forte à la descente et nous boirons à même la poche à eau. Nous nous concentrons sur chacun de nos pas afin d’assurer nos appuis et d’économiser nos forces. Nous reprenons notre souffle tous les 20m appuyés contre des blocs. Et finalement, nous atteignons le sommet à 9h05. 5960m. Yes! La pause au sommet sera de courte durée tant le froid est intense. Nous attaquons la descente dans un grand pierrier. On est cramé! Mais content! Le retour au camp de base est délicat pour moi alors que Hervé se porte bien et récupère bien. Perso, je me tape un mal de crâne terrible pendant 2h et des nausées, peut être pour nous rappeler qu’on est monte haut, très haut! Mais une petite sieste et tout rentre dans l’ordre. Une douche? Dans tes rêves...
J1, 27 août : Colchani et son artisanat. Isla Pescadores, colline de terre au milieu d’un désert de sel, tel un vaisseau arme de cactus naviguant au milieu du Salar, à distance du volcan Tunupa et de ses 5400m. Déjeuner au pied de l’île : steak de lama et quinoa. Dodo « à la roots » dans une baraque en brique à San Pedro : éclairage à la frontale. 0°C. Pas de douche évidemment...
J2, 28 août : Les lagunes, leurs flamants, leurs lamas, et leurs vigognes. On en prend plein les yeux. Jamais vu des flamants aussi roses. Jusqu’à présent, je pensais que les flamants ne vivaient qu’au chaud (en Camarque par ex). Et bien non : ces bestiaux se portent a merveille a 4000 m d’altitude et –20°C parfois!