Longchamp… ou la Mecque du cyclisme parisien…

Publié le par Jean-Baptiste

Ce post est avant tout destiné à mes potes non cyclistes / non triathlètes à qui j’aimerais essayer de faire comprendre ce qu’est « Longchamp ». Aussi, je serai volontairement prolixe en détails et anecdotes de tout genre…
 
Longchamp, késako ?
C’est ce fameux hippodrome situé dans l’ouest parisien, à la lisière du bois de Boulogne, au niveau du pont de Suresnes. Une boucle « ovale » de 3.6 km fermée à la circulation automobile, comprenant un faux plat montant d’environ 500 mètres. Le reste du parcours est plat. Enfin, en théorie, ça descend forcément un peu car c’est une boucle, mais sur la distance restante, on ne s’en aperçoit pas vraiment…
Deux approches possibles pour vous décrire ce lieu :
-          la « lyrique »
-          la « frustrée »
Allons-y…
 
L’approche lyrique ou « Longchamp, le paradis du vélo à Paris »
   
Ce qu’il manquait au cycliste / triathlète parisien ne connaissant pas Longchamp, c’est la possibilité de rouler des heures sans feu rouge, sans circulation, à l’abri de la pollution, dans un environnement convivial de partage d’une même passion pour la petite reine. Avec Longchamp, c’est possible !
Il est facile de s’y rendre, en vélo ou en en voiture. Les cyclistes et triathlètes y sont nombreux et l’on trouve toujours un groupe à son niveau dans lequel se greffer. De coup, le temps passe plus vite et, étant plus absorbé par la roue devant que par le paysage, on en oublie qu’on est déjà passé plusieurs fois au même endroit.
Les distractions y sont nombreuses : quelques célébrités y trottent, roulent ou pavoisent (Villepin est un habitué des lieux le samedi matin pour un footing matinal… environ 14 bornes pour info… j’ai compté 4 tours la semaine dernière). Pas besoin d’acheter « vélo magazine » pour repérer le dernier cadre carbone chez Look ou les Zipp 404 (sorry… = roues carbone pour info), il vous suffit d’ouvrir vos mirettes et regarder autour de vous. Un cycliste qui habite Paris, c’est « a priori » un cycliste qui a du blé donc qui se fait plaisir… d’où les montures le plus souvent très chères et parfois carrément inaccessibles…
Le bruit d’un peloton équipé en tout carbone qui vous double à 10km/h de plus, ça fait un bruit impressionnant, surtout quand quelques roues à bâtons ou lenticulaires en font partie… Le « wouf ! wouf ! wouf ! » qui accompagne leur passage en impose toujours un peu.
Généralement, on ressort toujours d’une séance à Longchamp avec des envies de nouveau vélo. Mais la raison reprend le dessus une fois rentré. Heureusement d’ailleurs… ou ça frôlerait l’indécence… Petite parenthèse : je repense souvent à la remarque de ma grand-mère lorsque je lui avais dit que je m’étais acheté un vélo… « Hé bé… à ce prix là, il a un moteur au moins ?!?!? ». Après réflexion, la remarque est tout à fait pertinente. Sauf que le moteur… c’est moi…
 
A Longchamp, on peut tout faire :
- le parcours étant quasi plat, on peut travailler la technique en toute impunité (vélocité, renforcement musculaire, une jambe, etc.)
- rouler au train en emmenant le peloton. Là encore, les choix sont multiples : 35, 40, 45 ou même 50 km/h. Vous trouverez toujours au moins une roue pour vous accompagner. 
- rouler au beau milieu du peloton. Rien de tel pour apprivoiser la crainte de la gamelle et jouer l’équilibriste. On peut aussi y réviser son vocabulaire « connard, on double pas par la droite !! », « bon, t’avances ? »…
- multi-enchaîner en partant courir juste après le vélo. Un seul bémol : il faut une voiture pour y laisser sa monture.
 
Bref, Longchamp, plus qu’on lieu, c’est un concept, rendez-vous des triathlètes de tout l’ouest parisien (Courbevoie, Racing, Meudon, Nanterre, Stade Français, et même Etampes).
 
L’approche frustrée ou « à défaut de mieux, je vais à Longchamp »
  
Difficile de ne voir que le positif. Il y a de quoi reconnaître que ce n’est pas le top, surtout lorsqu’on a connu les petites routes désertes du Var ou les pentes ensoleillées du Ventoux…
Qu’est-ce qui peut bien pousser des dizaines de cyclistes à tourner en rond comme des hamsters pendant 2, 3 ou parfois 4 heures ??? Quel plaisir ?
La seule fois que je suis parti à Longchamp avec l’intention de faire 100 bornes, j’ai tenu une heure et mis le cap sur Versailles pour finir tellement je m’ennuyais…
Le cycliste / triathlète est « malheureusement » un homme comme les autres (avec peut-être un peu plus de volonté) et à ce titre dispose d’une grosse cervelle. Pas moyen d’avoir l’approche « mémoire de poisson rouge » qui permettrait d’oublier à chaque tour qu’on est déjà passé par là… (vous avez déjà vu la pub Ikea avec le poisson rouge ? … Ben c’est pareil).
A force, ça finit donc par lasser…
La solution ? Tourner avec un pote, faire des exercices, et varier les séances autant que possible.
 
Venons-en au matos… Petit calcul : le prix du vélo moyen dans un peloton qui avance à 40 km/h doit se situer autour de 3000€. Multipliez par 30 cyclistes (ça peut monter à 50 facile)… Ca fait un essain de 90 K€ qui se déplace autour de l’hippodrome à 40km/h pendant une durée moyenne que je situerais autour de 2 heures… Quand on y réfléchit bien, ça a de quoi faire rigoler…
 
Vous avez dit convivialité ? Mouais… Je suis assez sceptique. C’est super convivial quand on vient y rouler avec des potes. On papote, on fait le point sur la semaine d’entraînement… Mais tout seul, ça ressemble au métro ou au RER en heure de pointe !!! Vous avez 10 cm à droite, 10 cm à gauche. Vous avez un mec qui vous colle au cul, un autre devant qui vous empêche de sortir… Les gens tirent la même tronche. Et en plus parfois, ça se gueule dessus… Longchamp, temple de l’individualisme…
 
Mon approche… « la raisonnée »…
 
Qu’on aime Longchamp ou pas, le sujet n’est pas là. Lorsqu’on se fixe un objectif, on doit aussi se fixer les moyens de l’atteindre. Ben là c’est pareil : Longchamp n’est qu’un moyen d’atteindre l’objectif que je me suis fixé.
Alors oui je ne suis pas un fan et je préfèrerais rouler au soleil dans le sud toute l’année. Mais j’habite Paris, j’y bosse, et j’apprécie cette ville. Alors je gère aussi ses inconvénients. Longchamp me permet de rouler, de travailler de la technique ou du rythme spécifique. Et c’est indéniablement en y enchaînant les km que j’atteindrai mon objectif en mai 2007. Alors quand c’est dur, quand je m’emmerde, et bien je regarde devant et il n’en faut pas plus pour continuer à appuyer sur les pédales !
 
Les anecdotes
 
Il n’y a pas beaucoup de partage entre les cyclistes / triathlètes à Longchamp. On se retrouve par club ou affinité, mais rares sont les échanges entre deux inconnu(e)s. Il m’est arrivé de faire 70 bornes avec le même gars avec prises de relais sans échanger un mot.
Pour autant, tout le monde a les mêmes habitudes.
Exemple : la pause pipi est située dans un intervalle d’environ 100m sur le parcours. Tout le monde s’arrête là. J’ai trouvé ça complètement bluffant.
 
Les cyclistes tournent obligatoirement dans le sens des aiguilles d’une montre alors que la plupart des coureurs à pied (dont Villepin) tourne en sens contraire. C’est rigolo : on voit le visage des gens se transformer au fur et à mesure de la séance.
 
En cas de crevaison, le grillage qui entoure l’hippodrome sert de support au cadre et permet de changer sa roue plus facilement (fallait y penser…)
 
J’ai essentiellement parlé des cyclistes équipés carbone et matos haut de gamme. Mais il ne faudrait pas oublier le contingent respectable et respecté de « papys Colnago » qui arpentent Longchamp sur leur monture quinquagénaire mais impeccablement briquée, habillés en panta-court en velours avec des chaussettes blanches remontant au genou. Ça roule pas vite, certes… environ 20 km/h… mais ça roule… Respect !
 
 
Quant aux triathlètes et cyclistes de l’est parisien, ils ont Vincennes. Ca doit être a peu près la même chose… Je pense que j’y passerai un peu plus de temps lorsque j’aurai emménagé dans le 19ème ! Je vous raconterai.
   
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